9 décembre 2009

485 PLAINTES TRAITEES PAR LE JDP EN 2009

En novembre 2008 a vu le jour en France un Jury de Déontologie Publicitaire (JDP), inspiré du système britannique. Il s'agit d'un organe autonome, composé d'experts indépendants, que tout citoyen français peut saisir gratuitement, dès lors qu'une campagne de publicité lui pose un problème moral. La mission du JDP : évaluer, au cas par cas, l'application des codes de conduite que les professionnels se sont fixés. Les avis de cette instance, mettant en cause les annonceurs, leurs agences et les médias diffuseurs de la campagne, sont expressément rendus publics.
En 2009, 495 plaintes ont été déposées. Seule 24 d’entre elles ont reçu un avis défavorable de la commission.
Pour comprendre sur quelles bases sont rendues l’avis de l’organisation, je vous propose 4 exemples de publicités connues qui ont subi des plaintes.


INPES (mars 2009) : plaintes rejetées

Les plaignants considèrent que le film met en scène des relations homosexuelles masculines, est de nature à choquer, notamment les enfants, du fait de sa diffusion à des heures de grande écoute.
Le Jury considère que ce film publicitaire, qui met en scène des couples homosexuels masculins, dans des situations parfois intimes, de façon fugace, sans nudité visible, respecte les exigences de décence que le public est en capacité d’accepter pour ce type de campagne.
Il estime que la diffusion aux heures critiquées est de nature à permettre d’informer, de façon la plus efficace, les

personnes concernées par une grave question de santé publique, ou susceptibles de l’être, et que les précautions prises en matière d’horaire, qui permettent un visionnage dans un cadre familial, sont de nature à permettre aux parents d’exercer leur rôle pédagogique.


DIESEL (mars 2009) : plaintes fondées

Le plaignant considère que cette image est violente, choquante, contraire au respect de la dignité humaine et qu’elle est de nature à inciter à la violence.
Le Jury considère que la publicité critiquée, qui utilise une image présentant de façon complaisante une situation de domination d’une personne par une autre, banalise la violence et l’humiliation d’autrui.
Elle ne comporte aucun élément de distanciation qui permettrait de considérer qu’elle constitue une parodie ou une condamnation implicite de la violence.
De ces faits, Le Jury considère que la campagne n’est pas conforme aux recommandations déontologique.



DARK DOG (septembre 2009) : plaintes rejetées

Les plaignants considèrent que cette campagne présente un caractère pornographique et pervers et porte atteinte à la décence. Ils soutiennent que le slogan "Choisis ta taille (…)" est ambigu et tendancieux. Ils critiquent particulièrement la diffusion par voie d’affichage sur des lieux publics et notamment des abribus qui imposent ces photos au regard de tous et notamment des enfants. Le jury considère que ces images et ce slogan résultent d’un parti pris de traitement publicitaire de genre graveleux et de "mauvais goût" volontairement choisi, qui se réfère à des films et à certains humoristes particulièrement appréciés par un public jeune, qui constitue la cible du message.
Même si ces représentations sont regrettables, leur orientation délibérée, ne peuvent, toutefois, pas être qualifiées ni de pornographiques, ni d’indécentes, d’autant que le message est suffisamment implicite pour ne pas être perçu d’emblée par une partie du public.

Par ailleurs, se présentant l’un et l’autre sous une certaine forme d’humour, même si elle n’est pas admise par tous, ni le slogan ni l’image ne peuvent être considérés comme avilissants.


MTV (mars 2009) : plaintes fondées

Les images des films publicitaires diffusés au cinéma et sur Internet montrent, au ralenti, des scènes de lutte entre différents personnages, sur la mélodie de la valse dite du beau Danube bleu accompagnées du texte "Vous n’avez pas fini de vous battre pour la télécommande".
Les plaignants considèrent que cette campagne est de nature à choquer, notamment les enfants, qu’elle constitue une incitation à reproduire des comportements nocifs, qu’elle banalise et fait l’apologie de la violence, notamment

auprès des jeunes, qui plus est, pour un motif futile. Le Jury relève que les images de lutte montrées par la publicité critiquée sont particulièrement expressives. L’esthétisme avec lequel elles sont mises en scène ainsi que la musique qui les accompagne ne sont pas de nature à en atténuer le caractère violent qu’accentue, au contraire, le ralenti. Si cette mise en scène, peut probablement être perçue comme humoristique par certains, elle ne peut, cependant, que concourir à associer le texte au premier degré de compréhension du verbe «se battre», c’est-à-dire lutter physiquement. S’adressant, en dépit des précautions qu’indique avoir prises l’annonceur, à un public jeune et encore influençable, elle est susceptible, par la banalisation de la violence qu’elle exprime, de constituer un message de permissivité, voire d’incitation à celle-ci.

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